Antibiotiques et course à pied


De nombreux sportifs y croient dur comme fer : les antibiotiques ont un retentissement négatif sur le potentiel d’effort. Ce mythe a la vie dure et pourtant, pratiquement aucune étude ne permet d’étayer une telle affirmation. La question qui se pose est d’un autre ordre : quand faut-il entreprendre une antibiothérapie et dans quels cas peut-on l’éviter ? Par ailleurs, il faut savoir qu’un usage abusif et inapproprié de ces médicaments peut entraîner des problèmes. Un risque qui ne concerne d’ailleurs pas uniquement les adeptes de la pratique sportive et qui mérite d’être évoqué à nouveau car il est fréquent que les sportifs enfreignent les règles du bon usage des antibiotiques.

Les rares études montrent que la plupart des antibiotiques n’ont pas d’effet négatif sur la capacité d’effort. Si les performances sont en perte de vitesse et que le sportif se sent fatigué, c’est tout simplement en raison de la maladie mais pas à cause des médicaments. Par contre, de nombreux antibiotiques sont associés à tout un éventail d’effets secondaires potentiels qui vont des nausées aux troubles gastro-intestinaux, en passant par l’allergie et l’ictère. Ces effets indésirables menacent tous les consommateurs d’antibiotiques et ne sont donc pas uniquement importants pour les sportifs.


Cela étant, certains groupes d’antibiotiques sont susceptibles d’entraîner des effets secondaires gênants en particulier pour les sportifs.

Ainsi, il semble que dans certains cas, les tétracyclines (principes actifs : tétracycline, minocycline, doxycycline ou déméclocycline) peuvent altérer la capacité de performance.
Par ailleurs, on sait que les antibiotiques du groupe des quinolones sont susceptibles d’induire des symptômes au niveau du tendon d’Achille qui peuvent aller jusqu’à la rupture (!). De même, il y a peu, un centre français a rapporté deux cas de symptômes incurables de tendinite du coude consécutifs à l’utilisation de quinolones. En fin de compte, les deux patients en question ont dû subir une intervention chirurgicale.

Par conséquent, s’agissant de ces deux classes d’antibiotiques – et en dépit de la fréquence minime des effets secondaires – il est recommandé de s’informer auprès de son médecin traitant afin de savoir si un traitement à base d’autres antibiotiques n’est pas envisageable.


Lorsque le médecin a défini l’indication, en principe, il doit prescrire un antibiotique spécifique dont l’action est ciblée sur les germes pathogènes responsables de l’affection.

Dans la pratique, on prescrit trop souvent des antibiotiques non spécifiques à spectre d’action large. On dit d’un antibiotique qu’il possède un spectre d’action large lorsqu’il est actif contre différents types de bactéries. Pour utiliser une expression imagée, cela revient à dire – en exagérant à peine – que l’on utilise un bazooka pour tuer un moustique. En soi, cette pratique ne poserait pas de problème si l’utilisation irréfléchie des antibiotiques n’avait pas pour corollaire un risque accru d’effets indésirables gênants (par exemple, la destruction de bactéries utiles présentes dans la flore intestinale et dont la disparition entraîne une diarrhée), mais également l’apparition d’une résistance.

Résistance aux antibiotiques

Les antibiotiques sont uniquement recommandés pour traiter les infections bactériennes. Ils sont sans effet aucun sur les infections virales. L’objectif du traitement est d’éradiquer complètement les agents pathogènes, ce qui implique généralement un traitement de quelques jours mais qui peut parfois se prolonger durant plusieurs semaines ou mois. La durée est fonction, entre autres, de la localisation de l’infection, des germes impliqués et du type d’antibiotique. Pour obtenir une disparition totale des germes, il est extrêmement important de respecter la durée du traitement qui a été prescrite. Or, il est fréquent que les symptômes se soient déjà à ce point atténués après 24 heures ou quelques jours que le patient croit que les bactéries ont déjà été complètement détruites. A ce stade, de nombreux patients estiment ne plus avoir besoin d’antibiotiques et arrêtent leur traitement.

L’arrêt prématuré de la cure constitue l’une des causes potentielles d’une éradication incomplète des germes pathogènes et de son corollaire : la résistance des microbes aux antibiotiques.



Un commentaire pour “Antibiotiques et course à pied”

  1. Your way of describing all in this paragraph is in fact good, all be capable of easily understand it, Thanks a lot.

Laissez un commentaire

Veuillez noter que pour laisser un commentaire sur le blog, tous les champs du formulaire ci-dessous sont à renseigner obligatoirement. La publication de votre commentaire sera soumise à modération de la part de l'équipe de Jogger Cool. Les messages à caractère publicitaire ne seront pas publiés. Merci.