Allergies et pratique sportive : causes, conséquenses et traitements possibles.


Dans ses manifestations ORL ou respiratoires, l’allergie peut rapidement constituer une entrave à l’entraînement du coureur. Sauf si vous prenez le meilleur départ. Parmi les agents responsables des réactions allergiques, les pollens y entrent pour 60 %, les venins d’insectes 5 % et les aliments 2,5 %.

L’allergie correspond à un état d’hypersensibilité provoquée par une réaction de l’organisme vis-à-vis de substances naturelles ou synthétiques présentes dans notre environnement. Ces substances sont alors appelées « allergènes ». La manifestation de l’allergie passe par deux étapes :

  1. C’est la première rencontre de l’allergène avec l’organisme, l’hypersensibilité s’installe.
  2. C’est une deuxième ou énième rencontre de l’organisme avec l’allergène entraînant rhinite, asthme, urticaire, eczéma, avec parfois une réaction très violente pouvant occasionner un choc anaphylactique (réaction allergique aiguë parfois mortelle).

Les principaux agents responsables de réactions allergiques sont :

  • les pollens pour 60 %,
  • les acariens et les moisissures pour 17,5 % (allergie dite à la poussière de maison),
  • les animaux domestiques pour 12,5 %,
  • les venins d’insectes pour 5 %,
  • les médicaments pour 2,5 % et les aliments pour 2,5 %.

L’allergie au pollen.

L’allergie au pollen est certainement, pour le coureur à pied, l’une des plus handicapantes car les manifestations nasales, oculaires et bronchiques entravent son entraînement. L’allergie peut n’affecter le sujet que deux à trois mois par an en fonction de la période de pollinisation du végétal responsable, mais aussi se manifester de janvier à fin octobre selon le type du végétal (arbre, herbacées, graminées).


Cela entraîne pour le coureur une accélération et une intensification de sa ventilation. Cette majoration de l’activité ven-tilatoire a pour conséquence d’accroître le contact de l’allergène avec l’organisme et donc d’intensifier la rhinorrhée (écoulement nasal), le picotement et le larmoiement oculaires et surtout la toux avec parfois un bronchospasme (rétrécissement des voies respiratoires) empêchant la poursuite de l’effort. Il faut alors accepter un traitement de désensibilisation mis en place et surveillé par un allergologue. Il s’agit d’injections sous-cutanées régulièrement espacées de doses très faibles et très progressivement croissantes de l’allergène responsable. On peut avoir recours à un traitement médicamenteux avec une prise quotidienne d’un anti histami-nique durant toute la période critique. Si, malgré ces traitements surviennent de véritables crises d’asthme, l’emploi d’un broncho dilatateur, voire d’un corticoïde inhalé, s’avère alors indispensable.

Les allergies aux acariens, moisissures et animaux domestiques.

Les allergies aux acariens, moisissures et animaux domestiques sont moins invalidantes pour la course à pied car, dans ce cas, le coureur à pied s’extrait du milieu pour pratiquer, puisque l’allergène se trouve concentré à l’intérieur. Cependant, ces allergies fragilisent l’arbre respiratoire et la pratique sportive peut s’en trouver altérée. Il convient alors de prendre certaines précautions chez soi afin de limiter la prolifération des acariens, des moisissures, et la concentration des allergènes des animaux. Supprimer au maximum moquettes, rideaux, tentures, peluches, tapis ; mettre en place des housses de matelas anti acariens régulièrement lavées à une température supérieure à 60°C, aérer régulièrement le logement, passer deux à trois fois par semaine l’aspirateur, employer régulièrement des acaricides en bombe, ramener le taux d’humidité relative de l’habitat à 40-50 % et la température à 20°C sont les principales mesures contraignantes mais efficaces. Une allergie aux moisissures incitera à passer les surfaces de cuisine et de salle de bains ainsi que les joints de réfrigérateur et de poubelle à l’eau de javel.

Les allergies alimentaires et médicamenteuses.

Les allergies alimentaires et médicamenteuses requierent l’éviction de l’allergène ce qui est plus aisé pour les médicaments en tenant compte des allergies croisées entre certaines molécules (exemple : aspirine – anti inflammatoire non stéroïdien) que pour les aliments compte tenu de la complexité des transformations industrielles appliquées aux produits de consommation courante. Il est donc conseillé de lire très attentivement les étiquetages des produits consommés.

Il faut signaler que certains aliments présentent un risque d’allergie croisée avec le latex (avocat, banane, kiwi, châtaigne, sarrasin), tout comme une plante d’intérieur très répandue, le ficus benjamina, qui peut déclencher une réaction cutanée rien qu’en la touchant. Rappelons que l’allergie au latex se manifeste par des réactions cutanées à type d’eczéma essentiellement. Les sujets qui y sont allergiques devront donc se méfier des aliments précédemment cités, car leur composition, bien que ne comportant pas de latex, peut déclencher la réaction allergique sous forme cutanée, respiratoire ou digestive.

L’allergie au venins d’hyménoptères (guêpe, abeille, frelon…).

L’allergie au venins d’hyménoptères (guêpe, abeille, frelon…) peut enfin toucher le coureur malchanceux. La rencontre d’un tel insecte l’été est difficile à éviter. Il est conseillé de ne pas utiliser d’huile solaire, de parfums susceptibles d’attirer ces insectes mais de s’enduire de lotion à la citronnelle plutôt répulsive et de courir légèrement vêtu, mais couvert, laissant un minimum de surface corporelle disponible pour une éventuelle piqûre. En cas d’allergie grave avec risque de choc anaphylactique mortel, le coureur devra avoir sur lui, dans un sac isotherme, une ampoule d’adrénaline auto-injectable, prescrite par son médecin. En cas d’allergie moins sévère reconnue, le coureur devra avoir à sa disposition, à son retour d’entraînement, corticoïde et anti histaminique dont l’emploi aura été également expliqué par le médecin.

Au final, l’allergie, lorsqu’elle affecte un coureur, est rarement très invalidante mais toujours ennuyeuse par les contraintes qu’elle impose pour en limiter sa portée. Le seul vrai risque est l’allergie violente au venin d’insecte mais cette situation est fort heureusement rarissime.

Traitement des allergies par cortisone.

La cortisone (glucocorticostéroïdes) est utilisée pour traiter les réactions allergiques lorsque celles-ci sont violentes ou sévères. Mais ces médicaments font partie de la classe D, des classes soumises à certaines
restrictions de la classification des produits dopants.

Il est donc interdit de les utiliser sans prescription médicale, leur utilisation doit être déclarée avant toute compétition si existe une indication médicale réelle et formelle.

En effet, Ils peuvent être utilisés comme dopants avec comme effets recherchés :

  • une action anti-inflammatoire soulageant la douleur,
  • des propriétés euphorisantes et excitantes,
  • un recul du seuil de perception de la fatigue au cours de l’effort.

Les effets secondaires importants de la prise de cortisone sont :

  • accidents métaboliques avec rétention d’eau et de sel, perte de potassium, diabète, lipolyse (fonte des graisses),
  • fonte musculaire,
  • ostéoporose, fractures pathologiques,
  • accidents digestifs,
  • risques infectieux par diminution des défenses immunitaires,
  • troubles oculaires, glaucome, cataracte,
  • troubles du rythme cardiaque.


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